Manifeste
Je vis dans ce monde.
Je travaille.
Je paie.
J’accepte, comme tout le monde.
Mais je refuse de croire que cela suffise à donner du sens.
On nous parle de liberté.
Pourtant le temps est vendu.
Les choix sont conditionnés.
Et même nos envies sont orientées.
Sans travail, pas d’argent.
Sans argent, pas de mouvement.
Sans mouvement, pas de vie explorée.
On appelle ça un choix.
Moi, j’y vois surtout des contraintes déguisées.
Je ne rejette pas le monde.
Je ne rejette pas le travail.
Je rejette l’idée que ma vie doive se résumer
à échanger mon temps contre de quoi survivre.
L’argent est devenu un filtre.
Un passage obligé.
Un outil qui décide à ma place
de ce que je peux vivre ou non.
Et le plus troublant,
c’est que j’ai accepté tout ça en silence.
Comme beaucoup.
Comme presque tout le monde.
Je ne me place pas au-dessus.
Je suis dedans.
Influencé. Conditionné.
Lucide par moments, aveugle à d’autres.
Je ne détiens aucune vérité universelle.
Juste une pensée.
La mienne.
À cet instant précis.
Je cherche une échappatoire.
Pas une révolution.
Pas un modèle à imposer.
Une manière de vivre qui me ressemble.
Je doute. Souvent.
De mes choix.
De mes décisions.
De mes propres pensées.
Mais ce doute est ce qui me maintient éveillé.
Si ce manifeste change,
c’est que moi aussi.
Et c’est très bien ainsi.


